Je vous demanderai de bien vouloir excuser mon silence sur vos blogs respectifs, mais mon bas débit ne m'autorise pas une grande liberté de
manoeuvre et faire le tour des blog-potes est pour moi un véritable parcours du combattant.
Merci de votre compréhension.
par Tonton Bamako
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Le jour où nous avons débarqué à Nador au Maroc, nous roulions depuis environ deux heures lorsque la température du moteur monta en flèche.
Guy qui était au volant s'arrêta immédiatement et je descendis ouvrir le capot.
Je fus aussitôt entouré d'une fumée blanche et le grésillement de l'eau sur les pipes d'échappement chaudes me renseigna aussitôt sur la panne qui nous immobilisait.
Le roulement de la pompe à eau avait lâché et le moteur était aspergé de liquide de refroidissement........
Il était 11h 00, nous étions en plein désert arrêtés devant une construction en béton.
C'est alors que nous vîmes sortir de cette cabane un jeune Marocain d'une vingtaine d'années, les vêtements luisants de crasse.
Il s'approcha, regarda le moteur et d'un signe de tête nous fit comprendre qu'il avait saisi notre problème. Nous lui avons demandé s'il parlait Français et s'il y avait moyen d'appeler un
dépanneur.
Malheureusement la langue de Molière n'était pas dans son répertoire et nous en fûmes fort dépités.
Il ne nous restait plus qu'à espérer que quelqu'un parlant Français ait pitié de nous et s'arrête afin d'appeler du secours.
Nos espérances furent exhaucées.
Nous vîmes arriver une voiture qui s'arrêta devant la cabane et un homme en débarqua quatre bidons de 20 litres de gas-oil et c'est alors que nous avons compris que cette cabane en parpaings
n'était autre qu'une station service et que le pauvre bougre qui vivait là en plein désert, sur un grabat, était le "pompiste".
Le pourvoyeur de gas-oil était muni d'un portable et parlait quelque peu le Français. Fort obligemment il téléphona et nous dit:
"Téléphone mécanique Guercif !"
Guercif étant la prochaine localité à 30 kilomètres.
Il nous fit signe d'attendre et il repartit.
Nous en profitâmes pour faire connaissance avec notre jeune ami qui nous dit s'appeler Mustapha.
Nous lui avons fait cadeau d'une chemise provenant du stock d'un ancien Paris Dakar et dont nous emmenions quelques exemplaires comme cadeaux.
Vers 13 h arriva la dépanneuse et la voiture fut chargée sur le plateau.
Nous montâmes avec le chauffeur qui nous emmena à Guercif.
Il était 14 h lorsque le mécano et son apprenti se jetèrent sur notre moteur et en fin d'après midi la réparation était effectuée non sans quelques bricolages car la pompe à eau achetée au
magasin de la ville était un modèle adaptable et notre bricoleur dût faire preuve de génie inventif pour adapter la durit qui relie la pompe au radiateur.
Quand il eût terminé, il nous regarda et le regard triomphant, dans un grand sourire nous dit
"Cà, mécanique d'arabe !"
Il n'empêche que la "mécanique d'arabe" tint le coup pendant les 6000 kilomètres suivants et continue d'officier sans aucun problème.
Je referai sûrement le voyage par la route et je passerais exprès par Guercif pour voir si Mustapha a toujours la belle chemise blanche et m'arrêter au garage pour saluer le mécano et son
apprenti qui se donnèrent tant de mal pour réparer notre voiture.
par Tonton Bamako
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